
Yael Naim : « Solaire, c’est faire la paix avec sa lumière » Quatre ans après le succès mondial de Night Songs, Yael Naim revient avec Solaire — un titre qui sonne comme un manifeste. Entre la crise de la quarantaine, la perte de son père, le Covid et le choc du 7 octobre, la chanteuse franco-israélienne a traversé une période sombre. Plutôt que de choisir un camp, elle a préféré la voie du doute et du dialogue, en s’engageant aux côtés de femmes de toutes origines pour porter un message de paix et de sororité.
Pour fêter cette sortie, elle proposera à Uccle un live exceptionnel, pensé comme un véritable voyage sensoriel, porté par une scénographie immersive et sensible.
Propos recueillis par Françoise Laeckmann

Vous dites que Solaire, c’est « faire la paix avec sa lumière ». Qu’est-ce qui a changé en vous ?
Il m’a fallu traverser une longue période d’orages avant de comprendre qu’il ne fallait pas fuir l’obscurité, mais lui apporter de la lumière. On réalise qu’on a parfois dépensé une énergie folle à camoufler des choses au fond assez dérisoires. Je ne veux plus attendre « un jour où tout ira bien » : je veux créer ce jour maintenant.
Comment trouver sa place face aux secousses du monde, sans renoncer à la complexité ?
Dans l’obscurité, on a toujours le choix : rester dans le chaos, ou rejoindre la lumière, même minuscule. Si chacun fait ce pas, cela peut changer la réalité collective. Je me sens bien mieux entourée par les activistes de la paix que j’ai rencontrés — ce monde-là existe. On peut toujours choisir d’accéder à la meilleure part de nous-mêmes. C’est elle qui me porte aujourd’hui.
Vous avez tout produit vous-même pour cet album. Que se passe-t-il quand on cesse de demander la permission d’être pleinement créatrice ?
Cela m’a permis de prendre ma place, sans contrainte de temps ni de budget. J’avais besoin d’inventer un nouveau monde, plus électronique — alors je m’y suis plongée entièrement : j’ai produit toute la musique et réalisé dix clips, en prenant mon temps, presque cinq ans ! Chaque chanson est une étape de libération : La Fille pas cool parle du regard qu’on porte sur soi, Rabbit Hole explore la peur de l’autre, et Dream imagine la Terre elle-même prendre la parole. Artistiquement, Solaire est sans doute l’album le plus audacieux — et le plus nécessaire — que j’aie fait. C’est aussi celui où je me sens la plus épanouie !
📍 CCU, Rue Rouge, 47 – 1180 Uccle 📅 Vendredi 09/10, 20h30 🎟 35 à 40 € (places numérotées) · ccu.be · 02 374 64 84
Réservez votre place de concert ! https://www.ccu.be/projects/yael-naim/







