
Théâtre
Tendre Feu, boys don’t cry
29 & 30 .09
Un cabaret de bois, de vent et de lumière où le feu devient tendresse.
Avec une troupe de jeunes comédien(ne)s du Conservatoire de Liège, le metteur en scène Romain David imagine un spectacle entre théâtre, musique, danse et cabaret pour interroger la masculinité et les modèles hérités du patriarcat. Une création aussi festive que sensible, qui invite à regarder autrement ce que signifie « être un homme ». Quatre questions à Romain David.
Propos recueillis par Françoise Laeckmann

Vous partez d’une idée forte : beaucoup d’hommes ne voient pas les mécanismes du patriarcat parce qu’ils ont grandi à l’intérieur. Pourquoi le théâtre est-il, selon vous, le bon endroit pour les rendre visibles ?
Parce que les récits qui racontent d’autres façons d’être un homme sont encore trop rares. Quand on regarde la littérature ou les histoires qu’on nous transmet, on trouve peu de personnages qui sortent vraiment de ces modèles. J’avais envie d’ajouter ma voix à cette conversation, parce que je sens que cette question est aujourd’hui très présente, surtout chez les jeunes.
Le théâtre permet de vivre les choses ensemble. On n’est pas seulement dans les idées, on est dans les émotions, les corps, la musique, les regards. Quand on partage un spectacle, on peut voir autrement ce qui nous semblait jusque-là complètement normal.
Vous empruntez les codes du cabaret, de la fête et du music-hall pour parler d’un sujet aussi brûlant que la masculinité. Pourquoi ce choix ?
Le cabaret est un formidable terrain de liberté. C’est un endroit où, depuis toujours, on peut dire ce qui ne trouve pas sa place ailleurs. C’est une forme qui n’est jamais figée et qui a souvent accueilli celles et ceux qui vivaient en marge des normes.
Et puis, j’aime profondément mêler le théâtre à la musique. Les voix, le chant, la danse font partie de mon langage. Cette énergie permet d’aborder des sujets sérieux sans être pesant. On peut réfléchir tout en étant emporté par le plaisir du spectacle.
« Les hommes cherchent des femmes qui n’existent plus et les femmes cherchent des hommes qui n’existent pas encore. »
Albert Esteve, démographe espagnol
Le spectacle est né d’un travail collectif avec de jeunes interprètes. Qu’ont-ils apporté à cette création ?
Énormément. Ils appartiennent à une génération qui vit déjà autrement les questions d’amour, de famille ou d’identité. Les choses évoluent, même si les violences et les injonctions liées à la masculinité nocive sont toujours là.
Nous avons beaucoup parlé, regardé des films, écouté des podcasts, partagé des lectures et des expériences personnelles. Chacun est arrivé avec son regard. On a pris le temps de s’écouter avant de monter sur le plateau. Le spectacle s’est construit à partir de ces échanges. C’est vraiment une création collective.
Au-delà du constat, Tendre Feu parle aussi de joie, de réparation et de tendresse. Était-ce essentiel pour vous ?
Oui, parce que je crois que le théâtre est aussi un lieu où l’on peut se réjouir. On peut parler de sujets difficiles sans perdre la joie. Les mouvements féministes et queer nous montrent depuis longtemps qu’on peut transformer des blessures en force, et même en fierté. Cette idée m’inspire beaucoup.
Mon intention n’est pas de dire que les hommes sont le problème. Ce qui m’intéresse, c’est de comprendre comment certains modèles de virilité continuent à produire de la violence, parfois envers les autres, mais aussi envers les hommes eux-mêmes. Beaucoup grandissent avec l’idée qu’il faut être fort, ne jamais montrer ses émotions ou toujours prouver quelque chose.
Le théâtre ne donne pas de leçons. Il ouvre des portes. Avec Tendre Feu, j’avais surtout envie de proposer d’autres récits, où la force peut aussi passer par la vulnérabilité, l’écoute… et la tendresse.
Mardi 29.09 – 20h30 / 01h30’ / > 14 ans / €13 / 26
Mercredi 30.09 – 19h30 / 01h30’ / > 14 ans / €13 / 26
Écriture collective
Mise en scène Romain David
Avec Auguste Bercker, Théo Bisinella, Envel-Oan Bodinier, Selma Goueygou Ganantchian, Valentin Martin, Ségolène Neyroud, Giulia Rzewski
Production, administration, diffusion Wirikuta – Laetitia Noldé et Raphaëlle Bracq
Réservez vos places ! https://www.ccu.be/projects/tendre-feu-2026-27/







