
Ce mois-ci, Think Pink invite chacun à glisser un « O » supplémentaire dans son nom. Un clin d’œil graphique qui cache un chiffre beaucoup moins drôle, surtout à Bruxelles.
Les Schtroumpfs sont devenus les Schtroumpfs avec deux O. Orange et Immoweb ont fait pareil. Depuis le 30 septembre, Think Pink, l’organisation nationale de lutte contre le cancer du sein installée à Anderlecht, transforme octobre en « OOctobre ». L’idée, imaginée avec l’agence Publicis, tient en une phrase de sa Fondatrice et Présidente Heidi Vansevenant : « En ajoutant simplement un ‘O’, nous doublons l’attention. » Deux O, comme deux seins.
N’importe qui peut jouer le jeu. Un petit outil en ligne (oo.think-pink.be) génère un visuel avec votre prénom rallongé, prêt à partager sur les réseaux. Vous vous appelez Julie ou Hélène et votre prénom n’a pas de O ? Prenez votre surnom ou votre devise, ça marche aussi.
Le Woolvendael joue le jeu
Durant tout ce mois d’ooctobre, notre site affichera son soutien à la campagne de Think Pink en mettant le rose à l’honneur sur toutes ses pages!
Un diagnostic toutes les 45 minutes
Derrière le jeu de lettres, il y a les chiffres de la Fondation Registre du Cancer. En 2024, 11 840 personnes ont appris qu’elles avaient un cancer du sein en Belgique : 11 741 femmes et 99 hommes. Trente-deux par jour. C’est le cancer le plus fréquent chez la femme, et une femme sur huit y sera confrontée au cours de sa vie.
La bonne nouvelle existe aussi, et elle n’est pas un détail : cinq ans après le diagnostic, 93 % des femmes sont toujours en vie. Ce chiffre doit beaucoup aux traitements. Il doit aussi beaucoup au moment où la maladie est repérée.
Bruxelles, mauvaise élève du Mammotest
C’est là que le bât blesse chez nous. Toutes les femmes de 50 à 69 ans reçoivent tous les deux ans une invitation pour un Mammotest, une mammographie de dépistage entièrement gratuite. En 2023, seules 9,3 % des Bruxelloises concernées y ont répondu. La Wallonie fait encore moins bien (4,3 %), la Flandre atteint 49,7 %. L’Europe recommande 75 %.
Il faut lire ces chiffres honnêtement. Beaucoup de Bruxelloises se font dépister quand même, mais chez leur gynécologue, en dehors du programme officiel : on parle alors de dépistage « opportuniste ». Le 9,3 % ne veut donc pas dire que neuf femmes sur dix ne sont jamais contrôlées. Think Pink défend pourtant le Mammotest pour une raison précise : chaque cliché y est lu par deux radiologues qui travaillent indépendamment l’un de l’autre, et un troisième intervient en cas de doute. Gratuit, et relu deux fois. Si l’enveloppe traîne sur votre buffet depuis des mois, c’est peut-être le moment de l’ouvrir. Les informations pour Bruxelles se trouvent sur bruprev.be.
C’est tout l’esprit de la campagne « J’peux pas, j’ai Mammo », qui accompagne OOctobre : faire du rendez-vous de dépistage une excuse aussi légitime qu’un dentiste ou une réunion.
Cinq roses au revers de la veste
Le ruban rose revient lui aussi, cette année en cinq nuances. Chacune représente une forme différente de la maladie et un parcours différent, parce qu’il n’y a pas un cancer du sein mais des cancers du sein. On les trouve en octobre chez les partenaires de l’association, ou par boîtes de 25 sur la boutique en ligne de Think Pink. Les bénéfices financent la recherche scientifique et des projets concrets pour les patientes et patients.
Les entreprises peuvent participer via Pink@Work, et les plus sportifs ont encore une Race for the Cure à La Louvière le 4 octobre. Quant à ceux qui passeront par le centre-ville, ils verront la Grand-Place, l’Hôtel de Ville, la Bourse et la Monnaie s’allumer en rose. Bruxelles fait partie des 37 villes et communes labellisées Think Pink.

Pour un don, c’est sur think-pink.be, avec une attestation fiscale à partir de 40 euros (uniquement pour les dons en ligne). Et pour le reste, deux O dans un prénom, ça ne coûte rien.







