L’époque est à l’hybride. D’un côté, la “Cancel culture” et ses ravages que l’oubli finira bien par réparer. De l’autre, plus sympa, le recyclage d’icônes populaires, typique du mélange des genres d’aujourd’hui. Les Belges ont leur part dans ce mouvement général. 

En ne goeie pistolei, mè ne dikke cervela, troulala…

L’exemple, presque historique désormais, en est la trouvaille de Valérie Lepla qui, il y a quelques années, a eu l’idée de “gastronomiser” le populaire pistolet du dimanche ou du casse-croûte. Jusque là, comme nous le faisons tous, on le fourrait version Club, au jambon-fromage-tomate-mayo, au “crabe”, à l’”américain”, au pâté, au thon piquant et au tutti quanti. Le monde était simple, alors. Il se divisait entre les pragmatiques, qui tranchent horizontalement leur pistolet pour le fourrer vite fait et les hédonistes, qui le coupent en deux en suivant le pli du dessus, pour en retirer la mie (mise de côté pour les canards du lac et qu’on oublie toujours) en ne gardant que le croquant de la croûte. Ce petit régal pur beurre commençait à souffrir de l’avancée de la viennoiserie à la française, menée à la baguette. Avec l’appui de chefs de talent, Valérie Lepla a opéré une brillante contre-offensive et fait feu de nouveaux pistolets, sous le label “Pistolet Original”. Le dernier en date était signé Giovanni Bruno (Senza Nome), qui a créé un “Pistolet Salsiccia moda Cipriani”, fourré à la salsiccia de porc parfumée au poivre et au fenouil. Ce qui aurait pu n’être qu’un feu de paille un peu excentrique s’est pérennisé, avec des recettes simplifiées mais toujours goûteuses, qu’on peut commander en take-away en cette triste période. Valérie Lepla en a aussi tiré un beau livre, sous-titré “Histoires belges à cuisiner” et préfacé par François-Régis Gaudry. Il contient de bonnes recettes à succès, belges et généreuses. Un joli cadeau. Et nourrissant, avec ça.

Editions Renaissance du Livre.

Place aux sneakers vegan, slash pomme…

Oui, le monde était simple, alors. Il y avait l’Ouest et l’Est, et un véritable mur entre les deux, par-dessus lequel on guignait ce qui se faisait de l’autre côté avec mépris ou envie (ou les deux à la fois, selon le cas). Personne, à l’Ouest, n’aurait eu envie de copier les Trabant est-allemandes en plastique, pétaradantes de fumée bleue. Par contre – c’était plus rentable – l’Union soviétique avait réussi son “sneaking” (angl.= faucher, copier) des Converse américaines avec les ICNS, devenues des… sneakers très prisés à l’Est. Respect, camarades. En 2015, un couple belge d’entrepreneurs, Mark Vandevelde et Greet Goetgebuer, reprenait sous la marque Komrads la production de ces chaussures fabriquées en Slovaquie, avec des normes plus modernes et dans des couleurs plus sexy. Un succès. Depuis, Mark et Greet ont montré une maîtrise très sophistiquée des codes du marketing durable en lançant Komrads APL, des sneakers vegan. Fabriquées (au Portugal) en cuir de… pomme issu de déchets de la production de jus de pomme et en caoutchouc recyclé, teinté avec des colorants bio, leurs chaussures vont jusqu’à incorporer du coton recyclé et du plastique de bouteilles recyclées dans les lacets. Les Komrads APL sont approuvées par PETA. Même colles et peintures sont organiques et Greet et Mark ne s’arrêtent pas là: ils étudient le moyen de recycler leurs sneakers une fois usés. Le mouvement perpétuel. Qui sait? Un jour, peut-être, on pourra manger de la semelle. 

Stephan de Lobkowicz présente sa Princesse… Vampire 

L’Ucclois Stephan de Lobkowicz a eu, lui, l’idée de créer un gin au potiron, baptisé Princesse Vampire. D’une belle couleur ambrée, il tire principalement son parfum de potirons bruxellois. Tof! Sans sucre ajouté, son goût est adouci de baies de genévriers, d’oranges navel, de citrons primofiori et d’un mélange botanique comprenant notamment houblon, girofle, anis verts, hysope, fenouil, cumin, coriandre et carvi. A déguster avec un tonic (on n’a pas goûté). Il est fabriqué à la Distillerie de Biercée.