Comme le chantait si joliment Yves Montand, en automne et en hiver, les feuilles mortes se ramassent à la pelle. Ou plutôt, se ramassaient, car aujourd’hui, c’est à l’aide d’une souffleuse au moteur à essence pétaradant que Christelle Vandewalle, 37 ans, dégage les rues arborées d’Uccle. Elle n’est pas toute seule, elle travaille en équipe avec ses collègues, souvent Youssef Bachiri et Jibril Suleiman. Deux qui soufflent, un qui conduit la balayeuse aux flancs rayés rouge et blanc qui avale feuilles mortes et déchets. Elle n’est pas seule, mais est cependant l’unique femme parmi les 90 membres du service Propreté de l’administration, chapeauté par l’Echevine Carine Gol-Lescot. “Aucun problème avec les collègues masculins, même s’ils sont parfois étonnés de voir une femme aimer ce travail. Ils en sont plutôt contents, je pense. Les passants dans les rues le sont aussi, ils me demandent souvent si ce n’est pas trop dur… Et ça peut l’être, c’est vrai, dans le noir le matin en hiver, quand il pleut, quand il fait froid. C’est assez physique, comme boulot. Mais s’il fait beau, ça change tout, au soleil et au grand air…” 

Casque anti-bruit sur les oreilles (avec de temps en temps de la musique dans les écouteurs par-dessous), Christelle parcourt des kilomètres à pied pour son travail, qu’elle fait depuis six ans. Au début, c’était à la pelle et au balai, la mécanisation a été un vrai progrès vu la taille de la commune d’Uccle, une des plus étendues de l’agglomération. Son rôle est loin de se limiter au ramassage des feuilles, il couvre tous les aspects du nettoyage urbain, le désherbage, le balayage des abords des bulles à verre, des trottoirs, l’entretien des canisites, le ramassage des meubles et des dépôts clandestins qui se multiplient. “On n’a pas trop à se plaindre à Uccle, au total, il y a des communes où les gens sont bien moins soucieux de propreté qu’ici.” Elle aime son job, aux horaires pourtant exigeants. Être au travail à sept heures du mat’ oblige cette maman uccloise à être debout à cinq et heures et demie et l’empêche de conduire elle-même à l’école sa fille de huit ans, Abelia. C’est son compagnon Michael qui s’en charge. Le bon côté, c’est qu’à 15 h elle termine et peut alors… souffler. S.P.

Photos © Olivier Polet