Le sport l’a mené là où il est, à un haut niveau, et même à la profession dans laquelle il fait ses débuts ce 1er avril, kinésithérapeute à orientation sportive. A 25 ans, Corentin De Trez, hockeyeur, et membre du Léopold Club depuis l’âge de 14 ans, sait bien tous les bénéfices physiques et moraux que le sport lui a procurés. Pour lui, aucun doute: la pratique sportive, en particulier celle du sport d’équipe, est un atout majeur pour renforcer physique et moral dans les circonstances difficiles que la vie peut nous imposer. “Plus tôt on commence, meilleur sera le résultat, surtout si un enfant n’est pas cantonné dans un seul sport. Il doit pouvoir goûter à tout et voir ce qui lui convient ou lui plaît le mieux, avant de choisir. Ou ne pas choisir – après tout, on peut en pratiquer plusieurs, pour la forme et pour le plaisir…”

On est prêt à perdre une dent pour aider le pote d’à côté à marquer…”

Passionné de tous les sports depuis l’enfance, Corentin a toujours visé l’excellence, au-delà du sport-loisir et ça continue: “Clairement, c’était ma drogue et ça le reste. Avec le confinement, je me suis mis au cyclisme et au fitness. Et je pense à la natation, pour pouvoir faire du triathlon jusqu’à ma trentaine, après ma carrière de hockey…”

Blessé à 20 ans lors d’un stage préparatoire à la Coupe du Monde des moins de 21 ans, il n’a pu jouer en Inde. Un grand moment de déprime. Il ne joue plus en équipe nationale mais en conserve le “spirit”: “Au niveau auquel ils sont parvenus, les grands s’entendent super-bien, qu’importe le club ou la langue, le team est soudé. Quand on vit des choses intenses comme sur le terrain, ça vous rapproche super-fort. On est prêt à perdre une dent pour aider le pote d’à côté à marquer…” Ce team spirit invoqué par Alexander De Croo (“Une équipe de onze millions de Belges”) n’est pas simplement de la communication pour Corentin. Il regrette, au passage, que le gouvernement fédéral n’autorise pas le sport dans les clubs: “Non seulement, c’est bon pour la santé et le moral, mais les jeunes ont vraiment besoin d’encadrement, c’est important pour eux. Et puis, en équipe, on s’adapte aux autres, on apprend à accepter que tout le monde ne soit pas du même niveau. Si un copain fait une erreur, on ne pète pas un câble en menaçant de lui casser la tête. On apprend jeune à penser à la finalité du jeu, ensemble, avant sa gloire personnelle.”

Plus qu’un team, une bande de potes

Lui, qui entraîne aujourd’hui des jeunes de 5 à 19 ans à son sport préféré, recommande de commencer comme il l’a fait à cet âge-là: cinq ans. C’était à l’Ombrage, d’abord, un club de Woluwe où il habitait avant de s’inscrire au “Léo”, parce qu’en équipe nationale des moins de 13 ans, il avait rencontré quelques-uns des joueurs de leur équipe. “Ils étaient sympas, j’avais plus d’affinités avec eux.” Ils le sont toujours, et c’est un grand avantage dans n’importe quelle équipe: “On est d’abord une bande de potes, c’est ce que les joueurs d’autres clubs disent de nous quand ils rencontrent notre groupe. Et c’est toujours mieux de jouer avec des gens avec qui on s’entend bien.” Une preuve, si besoin était, le Léo est en tête de sa poule dans notre championnat. Quant au hockey belge, il ne s’est jamais si bien porté. L’accession des Red Lions au titre de champions du monde, l’an dernier, a fait exploser les affiliations à 60 000, une expansion dans laquelle les femmes se taillent la part du… lion suite aux belles performances de l’équipe féminine des Red Panthers. Elles rattrapent leur retard, avec la gniaque. Stève Polus

Photos: Caroline Lessire