Seul-en-scène équestre                                                                                                              

« On galope, on se débrouille, on flashcode, on motdepasse, on upload, on wifise, on capte pas, on est plouc, on plug, on cloud, on protège ses données, on data-centre, on se recentre, on inspire par le ventre, on reboot, on marche en forêt, on influe, on transfère, on libère, on aime la terre, on est off, on est suivi, on se retourne peu, on se bienveillance, on se résilience, on se détoxe, on a tout trié, on est une belle âme, on pronote, on revit, on galope, on galope, on galope. On enterre son père et on rock’n roll ce qu’il en reste … Mais on rigole. »

Dans un écrin qui sied à merveille au voyage auquel il nous convie, Alex Lutz offre un nouveau spectacle qui touche autant le cœur que les zygomatiques. Que reste-t-il d’une vie ? Quelle trace laisse-t-on à son entourage ? Avec Sexe, grog et rocking-chair, le comédien, humoriste et réalisateur français rend un magnifique hommage à son père disparu, Gérard, et porte un regard sagace sur la génération des boomeurs et sur celles qui suivent.

                                          

Accompagné du guitariste compositeur Vincent Blanchard et, parfois, de Nilo, son beau cheval blanc qu’il monte à cru, Alex Lutz alterne souvenirs de famille, réflexions sur l’époque et personnages mémorables dans une mise en scène ingénieuse et rythmée. Au milieu de la piste, un bel amas d’objets hétéroclites surgit d’une fosse. Et pour cause. Son père, Gérard, est mort d’un cancer à 72 ans. Atteint du syndrome de Diogène assorti de quelques TOC et « d’un petit souci avec l’alcool », cet homme a laissé Alex, son fils, désarçonné par son absence, lui le cavalier hors pair. Alors, pour le retenir encore un petit peu, Alex se souvient et forcément, il a le souvenir moqueur.

Il raconte ce paternel soixante-huitard, hâbleur et fan de rock, devenu cet assureur assuré avec « pognon, voitures et la blonde à côté qui sent le monoï en monokini ». À travers lui et ses copains un peu largués, c’est toute une génération de baby-boomers qu’il croque avec gourmandise. Joliment mis en scène par Tom Dingler, Alex Lutz virevolte avec poésie dans le bric-à-brac de son père, se livrant avec pudeur entre deux éclats de rire. Aux bons mots, les bons remèdes.

11.03 / 19h30 / 1h30min / €15 / 75

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